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Un tiers de bière, un tiers de vin et autre de grenadine. C’est le cocktail tendance ce printemps. Une mixture faite maison qui fait tomber les frelons asiatiques comme des mouches en les emprisonnant.
« Mais arrêtons de l’appeler « asiatique » car il y en a beaucoup de différents en Asie et celui qui envahit notre flore et saccage nos ruches devrait s’appeler frelon aux pattes jaunes, c’est son signe distinctif en bas d’un corps noir, ce qui permet de ne pas confondre avec le frelon européen. »
C’est la première précision de Suzie Ravier, Julia Muller et Patricia Le Lubois de Marsilly, trois apicultrices remontées, qui lancent une guerre de territoire contre cette menace envahissante pour la biodiversité, ennemie implacable des abeilles et autres insectes pollinisateurs.
Suzie Ravier est passée de la déprime à la colère accompagnée d’une phase test : « C’est dévastateur de retrouver sa ruche anéantie par cette bestiole. J’ai capturé 500 reines l’an dernier. Pour chacune c’est un nid en moins et un nid donne naissance de 500 à 600 nouvelles reines et donc potentiellement 500 à 600 nouveaux nids. »
Cette année, la productrice de miel valbonnais opte pour le combat collectif contre cette espèce invasive, à la prolifération exponentielle, « un fléau ».
« On va mailler le territoire »
« La commune a signé une convention de partenariat avec l’association Les Amis de la faune et acheté cent pièges pour un peu plus de 2.000 euros et nous sommes une dizaine de bénévoles pour assurer la pose dans des lieux identifiés ainsi que le suivi ».
Car ensemble elles pensent stratégie : « On va mailler le territoire, jusque dans la forêt et après il faudra les contrôler, les vider, comptabiliser et faire des statistiques afin de cartographier les lieux les plus peuplés pour être encore plus efficace l’année prochaine. »
« Dès que les températures remontent, c’est l’époque des petits nids primaires à faible hauteur [en médaillon]. Chaque fondatrice fabrique le sien où elle va pondre par centaines, il faut donc l’attraper avant, avec un piégeage sur deux mois », répond Julia.
« Les femelles fécondées avant d’hiberner, partent seules dans des endroits indécelables, décrit Patricia. Réveillées vers mars-avril, affamées, elles cherchent de la nourriture tous azimuts, puis c’est à l’été qu’apparaîtront les nids secondaires volumineux, de 2.000 à 13.000 individus et qui pèsent jusqu’à 10 kg, en hauteur, souvent dans les arbres, difficile d’accès et dangereux. En octobre, quand seules les femelles fécondées survivent, il faudra une autre campagne automnale adaptée ».
Des pièges sélectifs
« Pas question de faire prisonnier les autres insectes, le dispositif ne retient que ce nuisible, question de taille. Les petits ressortent sur le côté et le frelon européen est trop gros pour entrer, rassure le trio. Et surtout ne manipulez pas les pièges installés sur la commune ».
D’autres systèmes existent mais l’objectif est toujours le même : éradiquer l’hyménoptère tueur : « L’enjeu c’est la survie de nos abeilles, de la pollinisation de tout ce qui en découle et de notre activité. »
Toujours signaler les nids
Le frelon asiatique à pattes jaunes ou Vespa velutina, apparu accidentellement en France au début des années 2000, n’attaque pas l’homme, s’il n’est pas menacé et si la douleur de sa piqûre est celle d’une guêpe, son dard de 6 mm peut frapper plusieurs fois d’affilée.
N’intervenez pas et signaler la présence des nids car s’ils se sentent en danger, ils peuvent charger massivement et poursuivre l’attaquant.
Contacter l’association lesamisdelafaune06@gmail.com, qui procédera à son retrait ou vous orientera vers un professionnel habilité.
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Pendant plus de quatre mois, Lisa et Agathe ont parcouru l’Europe à la rencontre de femmes agricultrices engagées. Une aventure humaine et militante qui se poursuit aujourd’hui sous une nouvelle forme.
Alors que le vent d’automne commence à caresser la Croisette. Lisa Calderari vient de poser son vélo, le regard encore porté vers l’horizon. Il y a quelques mois, elle quittait Paris avec Agathe Billon, son amie de route, pour traverser l’Europe à la rencontre de femmes agricultrices engagées dans l’agroécologie.
Après plus de 7.000 km, les deux voyageuses ont terminé leur périple à Cannes, ville d’origine de Lisa, où leur projet se prolonge désormais autrement.
« On voulait comprendre comment ces femmes vivent leur lien à la terre, ce qu’elles portent comme espoir et comme difficulté », raconte Lisa Calderari.
De ferme en ferme, entre les plaines de Belgique, les montagnes d’Europe de l’Est et les campagnes françaises, les deux jeunes femmes ont sillonné un continent contrasté, à hauteur de pédale, en quête de récits, de visages et de sens.
Des femmes enracinées et libres
Leur voyage, lui, n’a rien eu d’une simple escapade champêtre. Sur leurs vélos mécaniques, sans assistance, Lisa et Agathe ont roulé à la force des jambes et de la volonté, jusqu’aux plaines écrasées de chaleur d’Europe de l’Est.
« En Bulgarie, il faisait plus de 40 °C. On était malades, épuisées, mais on avançait quand même, quelques kilomètres par jour, avant de se baigner dans une rivière pour tenir le coup », raconte Lisa.
Les pannes, les bivouacs improvisés, les détours forcés par la canicule ont forgé une endurance nouvelle.
Mais ce n’est pas la sueur ni les kilomètres qui ont marqué les deux jeunes femmes : ce sont les rencontres.
Car partout, du nord au sud du continent, elles ont croisé des femmes de caractère, pionnières discrètes d’une agriculture plus libre et plus humaine.
« Certaines faisaient du maraîchage sur sol vivant avec des techniques innovantes, d’autres refusaient catégoriquement le plastique pour protéger la terre. »
En Slovénie, elles ont découvert la biodynamie et cette approche presque spirituelle du vivant ; en Bulgarie, elles ont été bouleversées par le parcours de Catherine, une Germano-Bulgare passée par l’ONU avant de tout quitter pour fonder une ferme biologique dans un pays encore peu sensibilisé à ces enjeux.
« Elle aurait pu le faire en Allemagne, là où tout le monde comprend son projet. Mais elle a choisi de se battre là où personne n’y croit », admire Lisa.
Ce périple a aussi révélé à quel point la place des femmes dans l’agriculture reste inégale selon les régions.
« En Europe de l’Ouest, elles sont sous-visibilisées. En Europe de l’Est, l’héritage communiste a, paradoxalement, ancré plus tôt l’idée que les femmes pouvaient être cheffes d’exploitation. »
Mais partout, un même fil rouge : la volonté de soin du sol et de partager leurs méthodes.
En travaillant à leurs côtés, les deux ingénieures ont compris que ces femmes ne se contentaient pas de cultiver la terre : elles en redéfinissent la philosophie.
« L’agriculture, quand elle est portée par des femmes, devient souvent plus collective, plus sensible, plus tournée vers la vie. »
Cannes, terre d’ancrage du projet
De retour en France, le voyage n’a pas marqué la fin de l’aventure, mais le début d’une nouvelle étape.
À Cannes, Lisa et Agathe ont trouvé un prolongement concret à leur projet. La Ville, séduite par leur démarche, leur a offert un appui précieux, en les mettant en relation avec des acteurs culturels et institutionnels désireux d’accompagner la diffusion de leur futur documentaire.
« À Cannes, on a senti une vraie écoute, une envie d’aider à faire connaître ce qu’on a vécu sur les routes », confie Lisa.
Le 29 novembre, elles interviendront donc à Cannes Université lors d’une table ronde consacrée à la jeunesse et à l’engagement.
L’occasion de partager leur expérience et d’inspirer d’autres jeunes à oser se lancer, à leur manière, sur les chemins du changement.
« Ce voyage nous a appris que l’écologie, ce n’est pas seulement une affaire d’environnement. C’est aussi une question de lien, de solidarité, de manière d’habiter le monde », souligne Lisa, avec la conviction tranquille de celles qui ont vu, écouté, compris.
À travers leur documentaire en préparation, elles veulent désormais donner une voix à ces femmes rencontrées aux quatre coins de l’Europe, pionnières d’une autre agriculture, résiliente et solidaire.
Leurs pas se sont arrêtés à Cannes, mais leur élan, lui, continue. Car parfois, les plus beaux voyages ne se mesurent pas en kilomètres, mais dans la trace qu’ils laissent, entre la terre et celles qui la font vivre.
En boutique, les rayons proposent thés, cafés, riz, confitures, chocolats, fromages, miels, cosmétiques et eaux florales... Les produits viennent du commerce équitable du monde entier ou de proximité, comme l’eau de fleur d’oranger et l’eau de rose, signées Jean-Noël Falcou, élaborées à partir de fleurs de Grasse et Mouans-Sartoux.
Les fruits et légumes bio arrivent chaque semaine des producteurs locaux via Uni’Vert, première coopérative bio équitable de France.
Côté gourmandises, la MCE revendique « sans doute la plus grande variété de chocolats équitables du secteur ».
Les prix se veulent raisonnables et sont affichés en toute transparence : « On détaille le prix d’achat, la TVA, la marge, servant uniquement à faire fonctionner la boutique. Elle est faible car nous n’avons aucun salarié, mais une quinzaine de bénévoles engagés. »
Artisanat du monde
La boutique propose également de nombreux articles d’artisanat issus de filières équitables du Pérou, Bangladesh, Népal, Palestine, Inde, Vietnam.... Céramiques, objets déco, maroquinerie, instruments de musique ou foulards, autant d’idées cadeaux pour les fêtes de fin d’année.
Un rayon spécial propose déjà paniers, tisanes, thés de Noël, calendriers de l’Avent... « On raisonne comme dans un grand magasin bio, avec une offre globale mais de proximité », détaille Cathy Blossier.
Acheter à la MCE, c’est aussi adhérer à son modèle associatif. La MCE est membre d’Artisans du monde et de FAIR [e], et multiplie les actions locales : stands, buvettes, interventions dans les lycées ou visites de producteurs.
Maison du commerce équitable, du mardi au samedi (19, rue Pasteur).
Rens. : 06.14.08.03.52., mce.mouans@free.fr, mcequitable.fr, adhésion à partir de 5 euros.
Équiper cent ports de Méditerranée avec des nurseries à poissons; placer des bouées d’amarrage sur les sites sensibles; lancer la restauration écologique. Des solutions fondées sur la nature font florès.
Il y a une douzaine d’années, on en était au stade expérimental. Désormais, ces initiatives sont en passe d’être généralisées. Les nurseries à poissons, d’abord installées en pointillé le long des quais, devraient bientôt gagner toutes les zones portuaires.
C’est l’objectif que se fixe l’Agence régionale de l’eau qui a déjà co-financé ce type de structures immergées dans 56 ports, entre 2019 et 2024. Il en reste 34 à équiper.
Alors qu’elle lance son 12e programme d’intervention sur la période 2025-2030, l’Agence affiche "l’ambition de restaurer 100% des fonctions de nurseries côtières qui ont été détruites par les aménagements du littoral des régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Occitanie". Là où le littoral a été artificialisé. Là où les jeunes poissons ne trouvent ni le gîte, ni le couvert.
20 à 40% de juvéniles en plus
"Il faut imaginer un quai. Sur un quai vous avez zéro juvénile. Il n’y en a aucun, car le poisson de quelques centimètres se ferait manger, expose Pierre Boissery, expert des milieux côtiers à l’Agence de l’eau. Les nurseries côtières offrent des petits abris. Dans les ports équipés, nous observons de 20 à 40% de juvéniles en plus."
Des recherches sont en cours, pour mieux connaître la diversité des espèces et savoir où vont ensuite ces poissons quand ils grandissent. Mais d’ores et déjà, l’expérimentation est confortée et "évaluée".
"On n’a pas d’ambiguïté à inciter les acteurs locaux à mettre en place ces solutions", poursuit Pierre Boissery. D’ici la fin de la décennie, une centaine de ports méditerranéens français devraient être dotés de nurseries pour les poissons.
Pour les herbiers de posidonie aussi, la protection a largement progressé. Selon l’Agence de l’eau, "le nombre de mouillages des navires de plus 24 mètres sur l’herbier a baissé de 93% par rapport à 2022."
La nouvelle réglementation, qui interdit aux bateaux de grande plaisance de jeter l’ancre dans les herbiers, porte ses fruits. Dans les secteurs les plus fragiles, organiser le mouillage de tous les navires n’est plus un tabou. Un programme important est lancé à Antibes, visant à protéger totalement 75 hectares de posidonie.
Quant aux techniques de restauration des herbiers, elles sont de mieux en mieux rodées. "Déjà, il faut rappeler qu’on n’arrache pas de l’herbier vivant pour le planter là où il a disparu. On ramasse des morceaux d’herbiers arrachés par les ancres et on les replante sur des sites favorables." Si l’herbier transplanté est encore vivant trois à quatre ans plus tard, il a de fortes chances de tenir.
Taux de survie de 80%
"Les observations dans les Alpes-Maritimes montrent que les herbiers sont en croissance", poursuit Pierre Boissery. 4.000m² ont été repiqués dans le secteur de Beaulieu et Villefranche, avec un taux de survie de 80%, "donc la technique est opérationnelle". Méthode également appliquée dans un projet mené aux îles de Lérins.
Certains sites très dégradés témoignent de l’immense perte de posidonie, le long de nos côtes depuis un demi-siècle. Désormais, le fort déclin est enrayé.
À l’échelle de la Méditerranée française, la moitié des herbiers sont stables, un quart est en progression (entre les caps de l’Estérel et de Brégançon) et le dernier quart en recul (entre Fréjus et Sainte-Maxime, et entre Antibes et Menton).
Mais tout le milieu marin n’est pas aussi bien protégé. Les fonds sableux, les macro-algues et le coralligène, pour lesquels "on est encore en manque de connaissance", font l’objet de recherche et expérimentation. Le coralligène est un écosystème à part entière, comme l’herbier de posidonie, mélange d’algues calcaires et d’organismes vivants.
Retenir les plastiques
Parmi les programmes que l’Agence de l’eau maintient et même élargit, il y a "les aides à la réduction des apports de plastiques à la mer, notamment par temps de pluie."
Grâce à "des filets de rétention", les macro-déchets transportés par les réseaux d’assainissement peuvent être empêchés de partir à la mer. Si elles souhaitent s’équiper, les collectivités peuvent être aidées à hauteur de 50% du coût total.
Soutenir les écosystèmes, leur bonne santé, leur richesse naturelle, est le seul atout dont nous disposons face au changement climatique.
"On peut préserver ou améliorer la qualité des milieux, mais il y a des sujets qu’on ne maîtrise pas aujourd’hui, notamment la température des eaux qui est un sujet immédiat, alerte Nicolas Mourlon, directeur général de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Empêcher l’augmentation de la température, on n’y arrivera pas, mais le milieu se défendra mieux s’il est en capacité de développer l’ensemble de ses fonctions. S’il est solide, si les espèces bénéficient de surfaces de quiétude, pour se reproduire et se nourrir."
Cela permettra aux écosystèmes d’être davantage résilients – et donc de capturer le carbone, ou d’empêcher l’érosion des côtes.
Enfant de Chateauneuf-Villevieille, Mélodie Colaciuri a voulu s'impliquer dans la vie de son village. Elle le fait d'une façon étonnante : elle y propose ses services de coiffeuse ... dans son camion équipé comme un salon de coiffure !
"Libre, consciencieuse et avenante"
Une journée par mois ou plus (en fonction des besoins) la coiffeuse s'installe avec son camion-salon de coiffure dans les petits communes du haut pays niçois : Coaraze, Lucéram, Touët de l'Escarene, Duranus, St Blaise, ou encore Bendejun et Berre les Alpes.
Cette façon de travailler, sans patron, loin de la ville et des grands magasins qu'elle n'affectionne pas, c'est ce qui convient parfaitement à Mélodie. "J'ai de tous les âges (...) On fait de très belles rencontres (...) On apprend beaucoup sur la vie des gens."